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August 12 Juppé ou la reconquête (programmée?)Toujours droit dans ses bottes, le premier locataire de Matignon (1995 - 1997) sous l'ère Chirac! Après un an de purgatoire québécois, où il a enseigné l'Ecole nationale d'administration (non, non pas chez nous! à Montréal au Canada) en raison de sa condamnation en novembre 2004 dans l'affaire du financement occulte du RPR (actuellement, l'UMP), l'ancien maire de Bordeaux est revenu dans sa ville à la fin du printemps dernier. C'est le point de départ vers un retour sur le plan national?
Condamné en seconde instance par le tribunal de Versailles à deux ans de prison avec surcis et à un an d'inéligibilité [en premier instance, il fut plus lourdement condamné par le tribunal de Nanterre : deux ans de prison avec surcis et (surtout) dix ans d'inéligibilité), Alain Juppé avait pris les devants dès février 2004, date de sa première condamnation, en démissionnant de tous ses mandats électifs (député de Gironde, maire de Bordeaux) et de la présidence de l'UMP où il fut élu en octobre 2002. Son premier adjoint, Hugues Martin a repris les rênes de la capitale girondine et en a profité pour se faire élire député à l'occasion d'une élection partielle.
Mais voilà que les choses semblent se précipiter d'un coup puisque selon le quotidien Libération [8 août 2006], l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac pourrait revenir à la tête de la ville plus tôt que l'on prévu les échéances municipales (en 2008) au bénéfice d'une démission de l'actuel maire et de toute l'équipe municipale. En effet, la date du 28 août est assez souvent évoqué. Une telle situation provoquerait des élections municipales partielles (prévues en octobre prochain) avec Alain Juppé en tête de liste de la majorité sortante.
Quel beau geste de loyauté de l'équipe municipale bordelaise et quel deni de démocratie! En effet, il faut tout de même rappeler que l'ancien maire de Bordeaux (entre 1995 et 2004) a "trompé la confiance du peuple français" [compte-rendu du jugement de Nanterre en première instance, 30 janvier 2004]. Certains me diront qu'il a payé sa dette et qui peut retrouver la place qui fut la sienne. Soit. Mais qu'il attende les élections prévues à cet effet. Si ce tel scénario était réalisé, on ne pourrait voir dans le retour d'Alain Juppé qu'une manoeuvre politique, Bordeaux devant servir de tremplin à un retour national. La reconquête programmée de Bordeaux est de fait la condition sine qua none pour l'ancien ministre de Jacques Chirac si il peut espérer être de nouveau fréquentable dans ce domaine particulier qu'est notre vie politique française.
Dès lors, les conditions de ce retour me laissent dans l'expectative. En effet, si à première vue, rien ne saurait empêcher tôt ou tard une réapparition d'Alain Juppé, ce probable retour montre au bout du compte que ce dernier est resté fidèle à lui-même. Autrement dit, froid et méprisant. Je dis bien méprisant car quand on a été condamné par la justice et qu'on s'est écarté de la vie politique dans de telles circonstances, la moindre des choses est d'attendre les échéances normales et non obtenir le bénéfice d'une démission pour se remettre en selle. Une telle attitude est finalement un manque de respect vis-à-vis des citoyens qui not leur mot à dire d'autant plus que les Bordelais ont plus ou moins subi un préjudice.
En établissant ce scénario, Alain Juppé et la droite bordelaise ne prennent que peu de risques, la mainmise de cette dernière sur la ville étant telle qu'à première vue, l'ancien Premier ministre pourrait aisément retrouver son fauteuil de maire dès octobre prochain. Néanmoins, ce dernier aurait tort de penser que tout est joué d'avance : depuis quelques années, l'opposition (menée par les socialistes et les verts) progresse sur la ville et certains collectifs de citoyens ne voient pas d'un très bon oeil le retour d'Alain Juppé même si ce dernier jure qu'il a changé après sa traversée "politique" du désert...
Aussi, je terminerai par une citation de La Fontaine : "Rien ne sert de courir, il faut partir à point". A méditer, si on ne veut pas que son retour se transforme en désaveu électoral!
En photo : Alain Juppé
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