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August 10 Iouchtchenko ou la fin d'une révolutionAprès plusieurs mois d'une ardente crise politique, le président ukrainien, Viktor Iouchtchenko, a finalement choisi. Le 3 août dernier, son rival de toujours, le pro-russe Viktor Ianoukovitch, a été nommé Premier ministre mettant ainsi un terme à l'immobilisme qui gagnait le pouvoir depuis bientôt un an.
C'est la fin d'un rêve, celui de la révolution orange. En choisissant Ianoukovitch, Iouchtchenko se retrouve confronté à la dure réalité de l'exercice du pouvoir. Exit donc les véillités d'indépendence par rapport à Moscou et de rapprochement avec l'Union européenne? L'avenir nous le dira mais à première vue, cela semble bien le cas.
De fait, les possibiltés pour le leader de la révolution orange étaient limitées. Face à une longue crise politique ponctuée par des limogeages - celui de Julia Timoschenko en septembre 2005 par exemple - des dissolutions et autres rebondissements de tout genre, le président urkainien avait une marge de manoeuvre assez ténue et un choix politique capital. En effet, le leader de la révolution orange de décembre 2004 avait le choix entre une nouvelle dissolution du parlement et le choix d'un nouveau premier ministre. Il est sans rappeler que l'une ou l'autre des décisions est de toute façon défavorable au président ukrainien, une dissolution enfonçant un peu plus le pays dans la crise, le choix d'un nouveau premier ministre affaiblissant l'autorité du chef de l'Etat.
En choisissant Viktor Ianoukovitch, Iouchtchenko fait un choix logique puisqu'aux dernières élections législatives [en mars dernier], c'est le Parti des régions du premier ministre tout juste nommé qui fut arrivé en tête avec 32% des voix devant celui de l'actuel président, Notre Ukraine. Si dans l'immédiat, ce dernier apparaît comme affaibli, il peut par la suite devenir le principal bénéficiaire de ce compromis circonstanciel.
De fait, cette coallition entre les ennemis d'hier peut paraître assez peu compréhensible au regard du formidable élan populaire qui a envahi les rues et les habitants de Kiev [capitale de l'Ukraine] en décembre 2004 pour contester les résultats plus ou moins truqués à l'issue du second tour de la présidentielle qui opposait, rappelons-le, le Premier ministre de l'époque (un certain Viktor Ianoukovitch, proche de la Russie de Poutine) et le candidat de l'opposition et actuel président Viktor Iouchtchenko. Pour autant, un tel rapprochement ne surprend au bout du compte personne dans la mesure où il était plus ou moins inéluctable.
La faute à qui? A la coalition orange elle-même. Faute d'un fort consensus politique, les principaux partis ayant mené la révolution pacifique consacrant la victoire de l'actuel président se sont méfiés les uns les autres. De plus, il faut tout de même rappeler l'attitude plus ou moins suspecte de Julia Timoschenko, véritable égérie de la révolution orange. Premier ministre de janvier à septembre 2005, celle-ci n'a pas caché ses ambitions, ce qui faisait sans doute un peu beaucoup au sein d'une coalition fragile.
Aussi, en manque de stabilité politique, Iouchtchenko a préfèré l'unité et le consensus en choisissant Ianoukovitch. Un tel choix aura sans doute des conséquences majeures sur le plan de la politique extérieure. Officiellement, il ne remetterait pas en question la politique d'ouverture et de rapprochement avec l'Union européenne menée par le président ukrainien. Néanmoins, on voit mal comment la Russie de Poutine [par le biais de Ianoukovitch] pourrait se tenir assez longtemps à l'écart des affaires ukrainiennes tant que l'Ukraine, à cheval entre Occident et Orient, reste la porte d'accès de Poutine pour les questions et enjeux européens. A suivre, donc
En photo : le président urkainien Viktor Iouchtchenko (à droite) en compagnie de son nouveau Premier ministre, Viktor Ianoukovitch TrackbacksWeblogs that reference this entry
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