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    August 27

    Avis aux lecteurs

    A partir du 1er septembre, retrouvez-moi dans un nouveau blog toujours consacré à l'actualité politique et internationale.
     
    Voici l'adresse :
     
     
     
     
    Cordialement,
     
                                                                                                       Gilles
     
     
     
    August 21

    Ségolène fait sa rentrée

    "Frangy en Bresse a connu sa première émeute" a lancé le député socialiste Arnaud Montebourg lors de la traditionnelle Fête de la Rose organisée chaque année au sein de cette section locale du PS de Saône et Loire.
     
    Mais qu'est-ce qui a bien pu agiter ce petit village de 600 amês en temps normal? D'ordinaire, la Fête de la Rose (grand banquet regroupant les militants d'une même section) ne regroupe que 300 "camarades" (nom habituellement donné à un militant du PS). Cette année, ils ont été plus de 1000 à participer et venir acclamer la personnalité qui s'impose de plus en plus au sein des présidentiables socialistes : Ségolène Royal.
     
    Prévue de longue date, la venue de l'actuelle présidente de la région Poitou-Charentes a été pour le moins mouvementé (En effet, trois personnes parmi la foule ont été tout de même légèrement blessées) au vue de l'élan de symphatie et d'adhésion à son égard. De fête, la manifestation de Frangy en Bresse marque bel et bien la rentrée de Ségolène Royal et dans la dernière ligne droite dans la course à l'investiture socialiste en prévision de la présidentielle du printemps prochain, la députée des Deux Sèvres entend bien finir la course en beauté et franchir en première, la ligne d'arrivée.
     
    A quelques jours de l'Université d'été de la Rochelle, Ségolène Royal semble vouloir se démarquer des autres présidentiables et rentrer un peu plus dans le bain. Dans un discours très attendu, elle a cherché à répondre aux critiques de ceux qui lui reprochait son absence d'opinion ou de proposition pour la France. Aussi, elle s'est montré en une héritière de François Mitterrand en évoquant longuement l'ancien chef de l'Etat et défendant son héritage tout en se refusant de faire un "droit d'inventaire" sur la période mitterrandienne pour autant.
    Autre fait important de son discours, la favorite des sondages a donné ses premières reflexions sur ce qui semble être un projet pour la France. Aussi, elle invite "toutes celles et toux ceux qui veulent que ça change et que la France se redresse". Pour cela, la présidentiable socialiste pose ses premières réflexions sur les institutions - évoquant de plus en plus l'idée d'une VI° république, idée chère à Arnaud Montebourg - mais également sur l'Europe. A ce titre, elle prône la construction d'une Europe de l'Environnement et de la Recherche dans le cadre de la construction européenne, afin de relancer cette dernière. Pour finir, Ségolène Royal n'a pas épargné son potentiel rival, le président de l'UMP et actuel ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy en critiquant sa politique menée en matière d'immigration déclarant que "l'immigration choisie est insupportable", ceci dans la suite de sa critique concernant l'évacuation du squatt de Cachan (94), jeudi dernier par les forces de l'ordre.
     
    A quelques semaines de la désignation du candidat socialiste, Ségolène Royal semble vouloir marquer des points et se démarquer de ses camarades présidentiables en les prenant de court, forte des ralliements qui se multiplient au sein du PS. De fait, la présidente de la région Poitou-Charentes se place bien en pôle position dans cette course à l'investiture socialiste et pour conforter son avance, elle se pose en rassembleuse en courtisant l'aile gauche du PS (IV° république, Europe, etc.) mais aussi à la gauche du PS. Aussi, elle semble prêter à s'engager davantage dans la bataille déclarant que celle-ci "sera dure mais exhaltante". La bataille? contre la droite de Sarkozy bien sûr mais aussi contre les autres présidentiables, Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn en tête qui dans la dernière ligne droite semble loin d'être résignés face au ségolisme ambiant. Aussi, je ne peux que mettre au défi celui ou celle qui me dira que tout est déjà joué d'avance chez les socialistes. Même si Ségolène Royal écrase davantage la concurrence, la rigeur et la prudence restent de mises si elle souhaite l'emporter jusqu'au bout. C'est à ce titre que l'actuelle députée n'en finira que de s'imposer non pas comme une égérie des sondages mais comme une femme d'Etat au large potentiel porteuse d'idées de gauche, tout en montrant responsable face aux citoyens.
     
    En photo : Ségolène Royal et Arnaud Montebourg lors de la Fête de la Rose de Frangy en Bresse (71), le 20 août 2006
     
     
    August 12

    Juppé ou la reconquête (programmée?)

    Toujours droit dans ses bottes, le premier locataire de Matignon (1995 - 1997) sous l'ère Chirac! Après un an de purgatoire québécois, où il a enseigné l'Ecole nationale d'administration (non, non pas chez nous! à Montréal au Canada) en raison de sa condamnation en novembre 2004 dans l'affaire du financement occulte du RPR (actuellement, l'UMP), l'ancien maire de Bordeaux est revenu dans sa ville à la fin du printemps dernier. C'est le point de départ vers un retour sur le plan national?
     
    Condamné en seconde instance par le tribunal de Versailles à deux ans de prison avec surcis et à un an d'inéligibilité [en premier instance, il fut plus lourdement condamné par le tribunal de Nanterre : deux ans de prison avec surcis et (surtout) dix ans d'inéligibilité), Alain Juppé avait pris les devants dès février 2004, date de sa première condamnation, en démissionnant de tous ses mandats électifs (député de Gironde, maire de Bordeaux) et de la présidence de l'UMP où il fut élu en octobre 2002. Son premier adjoint, Hugues Martin a repris les rênes de la capitale girondine et en a profité pour se faire élire député à l'occasion d'une élection partielle.
    Mais voilà que les choses semblent se précipiter d'un coup puisque selon le quotidien Libération [8 août 2006], l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac pourrait revenir à la tête de la ville plus tôt que l'on prévu les échéances municipales (en 2008) au bénéfice d'une démission de l'actuel maire et de toute l'équipe municipale. En effet, la date du 28 août est assez souvent évoqué. Une telle situation provoquerait des élections municipales partielles (prévues en octobre prochain) avec Alain Juppé en tête de liste de la majorité sortante.
     
    Quel beau geste de loyauté de l'équipe municipale bordelaise et quel deni de démocratie! En effet, il faut tout de même rappeler que l'ancien maire de Bordeaux (entre 1995 et 2004) a "trompé la confiance du peuple français" [compte-rendu du jugement de Nanterre en première instance, 30 janvier 2004]. Certains me diront qu'il a payé sa dette et qui peut retrouver la place qui fut la sienne. Soit. Mais qu'il attende les élections prévues à cet effet. Si ce tel scénario était réalisé, on ne pourrait voir dans le retour d'Alain Juppé qu'une manoeuvre politique, Bordeaux devant servir de tremplin à un retour national. La reconquête programmée de Bordeaux est de fait la condition sine qua none pour l'ancien ministre de Jacques Chirac si il peut espérer être de nouveau fréquentable dans ce domaine particulier qu'est notre vie politique française.
     
    Dès lors, les conditions de ce retour me laissent dans l'expectative. En effet, si à première vue, rien ne saurait empêcher tôt ou tard une réapparition d'Alain Juppé, ce probable retour montre au bout du compte que ce dernier est resté fidèle à lui-même. Autrement dit, froid et méprisant. Je dis bien méprisant car quand on a été condamné par la justice et qu'on s'est écarté de la vie politique dans de telles circonstances, la moindre des choses est d'attendre les échéances normales et non obtenir le bénéfice d'une démission pour se remettre en selle. Une telle attitude est finalement un manque de respect vis-à-vis des citoyens qui not leur mot à dire d'autant plus que les Bordelais ont plus ou moins subi un préjudice.
     
    En établissant ce scénario, Alain Juppé et la droite bordelaise ne prennent que peu de risques, la mainmise de cette dernière sur la ville étant telle qu'à première vue, l'ancien Premier ministre pourrait aisément retrouver son fauteuil de maire dès octobre prochain. Néanmoins, ce dernier aurait tort de penser que tout est joué d'avance : depuis quelques années, l'opposition (menée par les socialistes et les verts) progresse sur la ville et certains collectifs de citoyens ne voient pas d'un très bon oeil le retour d'Alain Juppé même si ce dernier jure qu'il a changé après sa traversée "politique" du désert...
     
    Aussi, je terminerai par une citation de La Fontaine : "Rien ne sert de courir, il faut partir à point". A méditer, si on ne veut pas que son retour se transforme en désaveu électoral!
     
    En photo : Alain Juppé
     
    August 10

    Iouchtchenko ou la fin d'une révolution

    Après plusieurs mois d'une ardente crise politique, le président ukrainien, Viktor Iouchtchenko, a finalement choisi. Le 3 août dernier, son rival de toujours, le pro-russe Viktor Ianoukovitch, a été nommé Premier ministre mettant ainsi un terme à l'immobilisme qui gagnait le pouvoir depuis bientôt un an.
     
    C'est la fin d'un rêve, celui de la révolution orange. En choisissant Ianoukovitch, Iouchtchenko se retrouve confronté à la dure réalité de l'exercice du pouvoir. Exit donc les véillités d'indépendence par rapport à Moscou et de rapprochement avec l'Union européenne? L'avenir nous le dira mais à première vue, cela semble bien le cas.
    De fait, les possibiltés pour le leader de la révolution orange étaient limitées. Face à une longue crise politique ponctuée par des limogeages - celui de Julia Timoschenko en septembre 2005 par exemple - des dissolutions et autres rebondissements de tout genre, le président urkainien avait une marge de manoeuvre assez ténue et un choix politique capital. En effet, le leader de la révolution orange de décembre 2004 avait le choix entre une nouvelle dissolution du parlement et le choix d'un nouveau premier ministre. Il est sans rappeler que l'une ou l'autre des décisions est de toute façon défavorable au président ukrainien, une dissolution enfonçant un peu plus le pays dans la crise, le choix d'un nouveau premier ministre affaiblissant l'autorité du chef de l'Etat.
     
    En choisissant Viktor Ianoukovitch, Iouchtchenko fait un choix logique puisqu'aux dernières élections législatives [en mars dernier], c'est le Parti des régions du premier ministre tout juste nommé qui fut arrivé en tête avec 32% des voix devant celui de l'actuel président, Notre Ukraine. Si dans l'immédiat, ce dernier apparaît comme affaibli, il peut par la suite devenir le principal bénéficiaire de ce compromis circonstanciel.
    De fait, cette coallition entre les ennemis d'hier peut paraître assez peu compréhensible au regard du formidable élan populaire qui a envahi les rues et les habitants de Kiev [capitale de l'Ukraine] en décembre 2004 pour contester les résultats plus ou moins truqués à l'issue du second tour de la présidentielle qui opposait, rappelons-le, le Premier ministre de l'époque (un certain Viktor Ianoukovitch, proche de la Russie de Poutine) et le candidat de l'opposition et actuel président Viktor Iouchtchenko. Pour autant, un tel rapprochement ne surprend au bout du compte personne dans la mesure où il était plus ou moins inéluctable.
     
    La faute à qui? A la coalition orange elle-même. Faute d'un fort consensus politique, les principaux partis ayant mené la révolution pacifique consacrant la victoire de l'actuel président se sont méfiés les uns les autres. De plus, il faut tout de même rappeler l'attitude plus ou moins suspecte de Julia Timoschenko, véritable égérie de la révolution orange. Premier ministre de janvier à septembre 2005, celle-ci n'a pas caché ses ambitions, ce qui faisait sans doute un peu beaucoup au sein d'une coalition fragile.
     
    Aussi, en manque de stabilité politique, Iouchtchenko a préfèré l'unité et le consensus en choisissant Ianoukovitch. Un tel choix aura sans doute des conséquences majeures sur le plan de la politique extérieure. Officiellement, il ne remetterait pas en question la politique d'ouverture et de rapprochement avec l'Union européenne menée par le président ukrainien. Néanmoins, on voit mal comment la Russie de Poutine [par le biais de Ianoukovitch] pourrait se tenir assez longtemps à l'écart des affaires ukrainiennes tant que l'Ukraine, à cheval entre Occident et Orient, reste la porte d'accès de Poutine pour les questions et enjeux européens. A suivre, donc
     
    En photo : le président urkainien Viktor Iouchtchenko (à droite) en compagnie de son nouveau Premier ministre, Viktor Ianoukovitch
    August 07

    Au PS, on ne parraine plus (pour le moment)

    Dans une lettre datée du 3 août, le premier secrétaire du PS, François Hollande a officiellement invité les élus socialistes à n'accorder "pour le moment" aucun parrainage aux candidats situés à la Gauche du parti dans la course à l'Elysée pour 2007. Dans son courrier, Hollande, accompagné de Claudy Lebreton [présidente de la Fédération des élus socialistes et républicains], rappelle que "les échéances électorales de 2007 se rapprochant, la course aux parrainages a été ouverte par un certain nombre de candidats potentiels à l'élection présidentielle, qui souhaitent réunir les 500 signatures nécessaires" [...] Les élus socialistes seront "donc probablement sollicités dans les semaines qui viennent pour leur apporter leurs parrainages." Par conséquent: "Les élus socialistes sont appelés à n'accorder aucun parrainage pour le moment. Votre soutien massif à celui ou celle d'entre nous qui portera nos couleurs à l'élection présidentielle de 2007 sera déterminant."
     
    Les réactions à la Gauche du PS ne se font pas faites attendre à commencer par celle de la députée PRG de Guyane, Christiane Taubira, qui, ce dimanche, a durement constesté la consigne du PS déclarant sur France Inter :
    "Je ne sais pas si, de la part du numéro un du PS, il s'agit d'affolement ou de panique ou si ça doit être pris comme une déclaration d'hostilité envers les partenaires du PS. Dans ce cas-là, ça reviendrait à les traiter comme des vassaux". De son côté, le leader de La LCR, Alain Krivine, invoquait la "peur" qui aurait saisi le patron du PS à moins de 7 mois de l'échéance présidentielle
     
    Peur? Panique? Affolement? Je dirais plutôt responsabilité et logique politique. A six mois d'une échéance capitale, il s'agit pour les socialistes de resserrer les rangs et apporter un soutien le plus large possible à leur futur champion ou championne. Nul doute que ce candidat ou cette candidate aura les 500 signatures (et plus) pour se présenter. Il en est de même pour les autres candidats de gauche, extrême-gauche compris. Mais à ce moment de la pré-campagne présidentielle, il s'agit de rassembler au maximum la Gauche et non la dissiper davantage. Au vue du nombre potentiel de candidatures à gauche, il s'agit pour les socialistes de prendre une attitude responsable car il serait illogique de dénoncer un risque de dispersion de la gauche et encourager en même temps le mouvement en favorisant les parrainages d'élus socialistes en dehors du PS. 
    La consigne de François Hollande n'est que la conséquence d'une certaine logique politique qu'il a seulement rappelé comme une évidence, samedi dernier à Marseille : quand on est un élu socialiste, il est tout à fait normal que ce dernier soutienne en priorité le champion de son camp.
     
    De fait, l'attitude de Hollande exprime sans doute une certaine prise de conscience au sein de la gauche modérée : ne plus revivre le spectre du 21 avril 2002. En effet, force est de constater que le morcellement de la gauche a largement joué dans le résultat que l'on connaît. Lorsque nos partenaires et amis du PRG, PCF voire de la LCR dénoncent une soi-disante manoeuvre anti-démocratique, j'avoue que j'ai dû mal à comprendre. Je vous l'ai dit plus haut, il me semblerait fort peu probable que les candidats situés à la gauche du PS ne recueillent pas les 500 parrainages sans l'aide des élus PS. Néanmoins, il est grand temps qu'ils considèrent qu'à l'approche de la présidentielle, une gauche la plus largement rassemblée sera d'autant plus efficace que forte pour battre la droite. De fait, la position de Hollande sur les 500 parrainages est audacieuse comme elle peut se révéler risquée. Attitude audacieuse d'une part car le PS se pose comme parti responsable, se mettant un point d'honnneur à ne plus rééditer la surprise de 2002, incitant de fait, ses partenaires à adopter le même comportement. Mais d'autre part, Hollande prend le risque de crisper davantage ses partenaires en établissant un rapport de force les obligeant ainsi à plier à genoux face aux recommandations de la rue de Solférino [siège national du PS, ndlr]. Cependant, je considère ce point comme peu pertinant tant que le PS a une certaine considération pour ses partenaires, PRG en tête. En effet, l'attitude de Hollande est loin d'être celle d'un irrespect ou d'une considération de vassalité par rapport aux radicaux de gauche tant que ces derniers (de part leurs idées et leur conception de certaines valeurs républicaines dominantes telle la laïcité par exemple) ont tout leur place dans la famille socialiste.
     
    Aussi, la consigne d'Hollande semble désorienter les partenaires du PS, ce qui peut se comprendre. Mais, il ne faudrait pas qu'ils oublient la chose suivante qui est pour moi une règle de bon sens. Quand on est partenaire, cela suppose un minimum de loyauté. Autrement dit, on ne peut se permettre de tirer à boulets rouges sur les socialistes et ensuite réclamer les parrainages nécessaires pour se présenter à une présidentielle. Aussi, il est avant tout nécessaire que les principaux partis de la Gauche républicaine ses mettent en ordre de bataille et rassemblés pour avril 2007, ceci dans une attitude responsable face à une droite républicaine de moins en moins tolérante avec nos valeurs nationales. Cela peut sembler quelque peu farfelu à certains moments mais je ne doute pas que le réalisme politique et les responsabilités devant les citoyens l'emporteront sur une querelle de parrainages. C'est lorsque que ces "mises au point" seront faites que le robinet à parrainages du PS se rouvrira.  
     
     
     
    July 31

    Un appel pour Jospin

    Avis aux lecteurs
    En choisissant ce titre, j'ai voulu rendre à ma façon hommage aux Guignols de l'Info et à leurs nombreux steaches sur Lionel Jospin dont ceux où il attend désespérement un appel du Parti Socialiste pour revenir sur la scène politique. Si vous ne saississez pas ce que je veux dire, ce n'est pas grave. J'espère seulement que vous aurez l'occasion de regarder l'Année des Guignols 2006 lors des fêtes de fin d'année sur Canal + et on rediffusera ces fameux steaches. Là, j'espère que vous aurez compris. (LOL)
     
    Et maintenant, place au billet!
     
    Cordialement,
     
    Gilles
     
    Le 24 juillet, je vous avais parlé du ralliement d'Arnaud Montebourg à Ségolène Royal, véritable rebondissement dans ce feuilleton que constitue la vie politique française. A ce propos, je ne peux m'empêcher à un autre feuilleton qui connaît aussi son lot de rebondissements et de vrai-faux suspens.
     
    Reviendra? Reviendra pas? Vrai ou faux retour? L'épisode Lionel Jospin n'en finit pas de me tenir en suspense depuis un certain 21 avril 2002. Mais depuis son intervention dans le journal de Patrick Poivre d'Arvor le 28 juin dernier, les évènements semblent se préciser. Après avoir songé - à demi-mots - à une éventuelle candidature, l'ancien Premier ministre commence à compter ses troupes dans la course à l'investiture socialiste pour l'Elysée 2007.
    Et il semble que l'appel tant attendu soit finalement arrivé. En effet, dix cadres du Parti Socialiste, ont interpellé dans le Monde daté du 29 juillet dernier, l'ancien Premier Secrétaire du parti, et l'ont invité à s'engager clairement dans la course à l'investiture.
     
    Les dix signataires - Kader Adrif (député européen), Eric Besson (député) Harlem Désir (député européen), Anne Hidalgo (1° adjointe au Maire de Paris), Annick Lepetit (députée), André Vallini (député), Clotilde Valter, Bernard Poignant et Manuel Valls (député-maire d'Evry) sans oublier Francis Chouat - estime que l'ancien député de Haute-Garonne a une "stature incontestée d'homme d'Etat", "une expérience reconnue" ainsi qu'une "vision lucide" de la situation en France et dans le monde. De fait, les signataires mettent en avant son expérience et une analyse remarquée des grands défis du moment.
     
    De l'expérience, et une analyse juste et remarquée, Lionel Jospin n'en manque pas. J'ajouterai même que sa qualité à la fois humaine et politique font de ce dernier une stature inconturnable. Il réside néanmoins une difficulté majeure pour l'ancien Premier ministe si il venait à se présenter à l'investiture : celui de son rapport avec les Français et en particulier avec les socialistes.
     
    Quatre ans et demi après son échec de 2002, les militants et sympathisants socialistes ont toujours en mémoire son retrait annoncé de la vie politique. De fait, ce n'est pas son retrait qui pose problème mais l'entre-deux dans lequel il se trouve et qui déconcerte nombre de ses partisans. En effet, Lionel Jospin joue quelque peu sa crédibilité politique au sein du PS et son éventuel retour dans l'arène politique ne pourra se faire sans une explication claire et convaincante concernant son départ.
     
    Pour autant, il serait stupide de penser que Jospin serait irrédiablement rejeté par les militants et la gauche. Il a déjà, par le passé, prouvé qu'il était en mesure de rassembler la gauche et les Français notamment en 1995 où sa candidature fut loin d'être légitime au sein des socialistes. Cependant, force est de constater que son départ de 2002 laisse encore des traces et qu'elle a permis l'ouverture de brèches au sein du PS. A mon sens, la question du retour ne se pose pas depuis que Ségolène Royal est l'égérie des sondages, augmente en légitimité et construit sa crédibilité présidentielle. Il faut remonter plus loin et s'arrêter aux élections régionales de 2004 magistralement gagnées par la Gauche pour analyser ce véritable casse-tête que constitue un éventuel retour de Jospin.
     
    Pour vous répondre franchement, et en prenant en compte, toutes les discussions que je peux avoir dans ma vie de tous les jours, il est bien temps que Lionel Jospin se positionne franchement. Personne, je pense, ne lui en voudra si il annonce son retour. Pour autant, il aura fort à faire pour montrer qu'il est bien en situation de battre Nicolas Sarkozy par rapport à une Ségolène Royal dont la popularité dans l'opinion prend peu à peu son rythme de croisière (certes, pas à la vitesse d'un Sarko mais assez suffisament pour en prendre conscience)
     
    Aussi, l'appel du 29 juillet peut se révéler audacieux. Mais il comporte une importante part de risques et d'incertitudes face à l'opinion que nous socialistes devons prendre en compte, notamment si Lionel Jospin décrochait l'investiture (ce qui, après réflexion, est loin d'être absurde, qu'on pourrait le penser). Mais un retour signifierait pour Jospin une rupture - ou plutôt un inventaire - sur lui-même. Osera-t-il faire son propre droit d'inventaire? Affaire à suivre....
     
    July 30

    RDC : des élections pour un enjeu national et continental

    46 ans. C'est le temps qui a fallu pour que la République Démocratique du Congo [ex-Zaïre] connaisse ses premières élections générales libres et démocratiques. En effet, c'est ce dimanche que 25 millions de Congolais vont élire leur président -parmi une liste de 33 candidats - ainsi que leurs 500 députés - parmi plus de 9000 candidats.
     
    C'est un moment historique pour ce jeune pays qui occupe une position centrale en Afrique de par sa géographie et son intérêt géostratégique. Le Congo-Kinshasa fut l'objet de toutes les convoitises notamment occidentales. De la Belgique de Léopold II au rôle joué par les Etats-Unis dans la chute de l'ancien dictateur Joseph Mobutu, le Congo-Kinshasa tient un rôle majeur dans l'équilibre des relations transafricaines. Aussi, les élections congolaises de dimanche ont un double enjeu.
     
    DES ELECTIONS POUR SORTIR DU CHAOS ET GARANTIR (ENFIN) LA PAIX
     
    Trente six ans de dictature et de pouvoir sans partage, quatre années de guerre civile et près de 3 à 4 millions de morts, le Congo-Kinshasa est un pays riche en lambeaux qui aspire à la paix. L'objectif de ces élections est d'assurer la bonne marche des accords de Sun City signés en 2002 entre les différentes factions rebelles sous l'égide de l'Afrique du Sud. Car depuis 1997 et la chute du maréchal Joseph Mobutu, le Congo-Kinshasa vit dans l'insécurité permanente et fait l'objet de toutes les convoitises.
    Les accords de Sun City ont mis en place un véritable gouvernement quadripartite du pays. Si Joseph Kabila est le chef de l'Etat, ce dernier partage de fait son pouvoir avec quatre vice-présidents, ces derniers étant pour la plupart les anciens chefs rebelles. Aussi, les élections de dimanche sont d'une grande importance pour ce pays de plus de 2 millions de km² tant qu'il s'agit de mesurer la solidité des accords de 2002 et ce, au terme d'une campagne intense mais aussi houleuse voire meutrière - de fait, des affrontements entre partisans de différents candidats ont eu lieu causant parfois des morts. Si tout a été mis en oeuvre pour garantir des résultats transparents, il n'en demeure pas moins que le risque de fraude et d'irrégularité persiste tant pour des raisons "techniques" que géographiques en raison de l'immensité du territoire congolais et des difficultés de communication.
    Aussi, il paraît nécessaire pour l'avenir de la RDC d'afficher une certaine transparence à l'issue des votes dont les premiers résultats seront connus sous trois semaines tant qu'il conditionne d'une certaine manière, la poursuite du processus de paix et de transition démocratique.
     
    UN ENJEU CONTINENTAL ET INTERNATIONAL
     
    Ce scrutin est sérieusement suivi par l'Union Européenne et les Etats-Unis qui se sont impliqués dans l'organisation des élections tant que la position de la RDC paraît essentiel pour l'équilibre du continent africain. En effet, le Congo-Kinshasa, de par sa position, fut l'objet de toutes les convoitises coloniales comme post-coloniales. A ce titre, l'implication de l'Occident dans l'ancien Zaïre est essentielle. C'est au nom de la Guerre froide et d'un certain équilibre que Paris, Bruxelles et Washington ont cautionné le régime autoritaire et sans partage de Joseph Mobutu arrivé au pouvoir en 1961 à la suite d'un coup d'Etat à l'encontre du Premier ministre Pascal Lumumba, le tout avec la bienveillance des Etats-Unis, Guerre froide oblige.
    La RDC est un pays potentiellement riche qui regorge de ressouces naturelles majeures (pétrole, cuivre, uranium, or...) sans compter que son fleuve, le Congo [l'un des plus longs du monde], peut alimenter en électricité une majeure partie de l'Afrique subsaharienne. C'est justement sa richesse qui a aguisé l'appétit des puissances coloniales, Belgique en tête, puis de ses voisins actuels, ce qui fut souvent la véritable origine des affrontements et conflits. Aussi, les élections en RDC comportent un enjeu stratégique majeur puisqu'une stabilisation du Congo peut favoriser celle de la région des Grands Lacs. Pour autant, il s'agit d'un véritable défi tant en raison des liens que les différents candidats à la présidentielle ont avec les pays voisins de la RDC qu'en raison des intérêts occidentaux dans la région. A ce titre, le leader historique de l'UDPS [voir ci-dessous], Etienne Tshisekedi - dont la candidature a été écarté par la Commission électorale - a appelé au boycott des urnes dénonçant un scrutin qu'il juge manipulé par les Occidentaux, ces derniers, Français et Américains en tête, étant fortement soupçonnés de préférer la candidature du président Joseph Kabila, qui, il est vrai, reste favori des sondages et bien pressenti pour se succéder à lui-même.
     
    Les résultats du premier tour sont attendus dans trois semaines et le risque d'irrégularités reste majeur. Néanmoins, ces élections marquent un tournant historique pour ce pays, position centrale sur le continent africain et objet de toutes les convoitises.
     
    FICHE
     
    Nom : République Démocratique du Congo
    Superficie : 2 345 000 km²
    Population : 60 millions d'habitants
    Langues : français (officielle), lingala, swahili, tchiluba, kikongo
     
    ELECTIONS
     
    Présidentielle : ils sont 33 candidats dont :
    - Joseph Kabila, l'actuel président
    - Jean Pierre Memba, vice-président (MLC, pro-ougandais)
    - Azarias Ruberwa, vice-président (Rassemblement congolais pour la Démocratie, RCD, pro-rwandais)
     
    EN SAVOIR PLUS
    - Elections congolaises
    - Histoire politique et internationale de la RDC
    Documentaire : Mobutu : roi du Zaïre, réalisation : Thierry Michel
    Documentaire : L'Afrique en morceaux : histoire d'une tragédie africaine (à préciser)
    Documentaire : Congo Na Bisso, la vieille d'une démocratie (à préciser)
     
     
    July 24

    Un soutien bressan pour Ségolène

    Vous connaissez les feuilletons de l'été? A chaque saison, on a droit à lot de rebondissements, d'intrigues, de vrai-faux suspens, pour un dénouement au bout du compte prévisible.
    La vie politique aussi connaît ses feuilletons à suspens et surtout à rebondissements. Dernier en date : le député de Saône et Loire, Arnaud Montebourg qui soutient Ségolène Royal, toujours en tête dans les sondages dans la course à l'Elysée.
     
    Montebourg / Royal. A priori, on serait bien tenté de les dissocier. Ce qui est sur, néamoins, c'est l'assise et la légitimité croissante de la candidature de l'actuelle présidente de la région Poitou Charentes au sein du PS.
    L'animateur de la sensibilité Rénover maintenant a surpris en soutenant Royal. En effet, je vous le dis à nouveau : est-ce qui peut bien les associer? 
    A un peu plus de six mois d'une élection capitale pour la gauche, Arnaud Montebourg a choisi. Au détriment de ses sympathisants qui ne comprennent pas vraiment ses raisons. Pour autant, doit-on voir dans le ralliement de Montebourg, une fellonie, un reniement de soi-même ou bien encore un quelconque calcul post-présidentiel?
     
    Après réflexion, je pense tout d'abord que le ralliement de Montebourg s'inscrit dans une logique évidente. Depuis de nombreux mois, la position de Ségolène Royal parmi les présidentiables socialistes est de plus en plus nette et devient de moins en moins contestable. Certains ont affirmé que Montebourg s'est invité dans le bal des courtisans à la cour Royal. Soyons sérieux juste un instant et réfléchissons un peu : pour ma part, il ne semble qu'en aucun cas, Montebourg se déjuge en se rapprochant de la députée des Deux-Sèvres. Bien au contraire! Un tel soutien favoriserait une influence - voire une inflexion - sur la gauche de Ségolène Royal, ce qui rassurerait tout ceux qui seraient effrayés par ses prétendus accents blairistes.
    Par ce choix, Arnaud Montebourg a fait preuve d'un courage et d'un assez bon - à priori - calcul stratégique. S'inscrivant dans une optique de rassemblement autour de celle qui reste en meilleure posture dans la course à l'Elysée, Montebourg espère à terme, distiller ses idées. En effet, une alliance vaut mieux qu'une chevauchée magnifique mais sans issue.
    De plus, Montebourg et Royal symbolisent une certaine "jeunesse" au sein des socialistes face à des "éléphants" [les cadres historiques du PS] expérimentés mais de plus en plus défiés par l'opinion. Je vous l'ai dit précédemment, le soutien de Montebourg s'inscrit dans une logique. Tout au long de sa présence au PS, Montebourg s'est plus ou moins opposé aux éléphants en voulant s'inscrire sur une ligne doctrinale rajeunie mais clairement affichée à gauche. Montebourg et Royal ont ce commun de montrer un portrait assez moderne des socialistes avec des idées et des principes nouveaux. En s'associant à Royal, Montebourg n'a pas renoncé à ses idées et il peut, au bout du compte, devenir le grand gagnant dans l'affaire.
     
    Le ralliement de Montebourg montre toute l'efficacité de la campagne interne de Ségolène Royal. On dit souvent qu'elle joue les militants contre les éléphants, ce qu'il faut nuancer. Tout ralliement comporte des risques mais à huit mois d'une échéance capitale pour notre pays, il serait irresponsable de continuer à agiter l'épouvantial Royal. Il faut quand même se montrer prudent et vigilant, et c'est à ce titre que le soutien de Montebourg existe. En effet, avec ce soutien Montebourg espère être à Ségolène ce que Chevènement était à Jospin, l'incarnation de la gauche (in Libération du 24 juillet). C'est un pari risqué pour le député de Saône et Loire car sans garanties mais qui mérite d'être fait.
     
    Aussi, le feuilleton socialiste a connu un nouvel rebondissement et comme à chaque épisode on attend la scène où le héros - plutôt la héroïne - tombe de haut. Ségolène Royal n'a pas encore conquis les militants et les symphatisants du PS mais ce nouveau soutien montre une fois de plus que la sous-estimer est une grossière erreur politique et que quoi qu'il arrive [investiture ou non], elle saura se montrer incontournable dans l'intense bataille politique et électorale qui s'annonce face à la droite.   
     
     
    July 22

    Quartiers d'été

    A mes lecteurs,
     
    après un nouveau temps d'absence - pour lequel je suis sincèrement navré -, je reviens vous évoquer l'actualité politique française et internationale.
     
    En cette période estivale, vous pensez qu'il n'y a rien à redire et que je ferais mieux de prendre mes quartiers d'été. Hé ben, il n'en est rien tant que l'actualité évolue et bouge. Même en plein job d'été - il faut bien vivre, surtout quand on est jeune (LOL) - et en plein départ pour Grenoble - j'ai enfin décroché le concours d'entrée à l'Institut d'Etudes Politiques (Sciences Po, si vous préférez) - je reste à l'affût de l'info et n'hésite pas à donner mon opinion. A ce titre, je commence déjà en évoquant les fameuses "caravanes" que vous aurez la chance ou la malchance (c'est selon) de rencontrer pendant votre bronzage ou votre sieste sur une plage ensoleillé, coquillages et crustacés (Cela ne vous rappelle rien? LOL).
     
    Comme toujours, n'hésitez pas à donner votre opinion, vos avis sur mes prises de positions, mes analyses. Vos remarques sur mon blog et son fonctionnement sont mêmes les bienvenues et j'en tiendrai compte afin d'améliorer au maximum la tenue et l'interactivité de ce blog. A ce titre, je ne tarderai pas à répondre aux éventuelles questions que vous pouvez vous poser le cas échéant.
     
    Sur ces paroles, je vous souhaite de bonnes vacances et de prendre vos quartiers d'été. Pour ceux qui travaillent, je leur souhaite du courage.
     
                                                        Cordialement,
     
                                                                    Gilles
     
    PS : en prévision, je compte créer un second blog consacré à l'actualité cinématographique et audiovisuelle (je suis un mordu de ciné) au plus tard à la rentrée 2006. Mais c'est encore au stade des intentions! Affaire à suivre!
     
     

    Les caravanes (ou quand la politique prend ses quartiers d'été à la plage)

    On connaît la caravane du Tour de France cycliste, ses voitures publicitaires, ses sponors qui abreuvent les supporters de cadeaux et de gadgets le long des routes sur lesquelles s'élancent des cyclistes assoifés et redoublant d'effort pour se distinguer, à la conquête de la victoire. Cette ambiance bonne enfant va bientôt prendre fin. Mais qu'on se rassure! La politique a déjà emboîté le pas au Tour. Si, si!! Je vous assure!
    En effet, si entre deux lectures de mes articles, vous décidez de vous prendre un bain de soleil à la plage, il y a peu de chances que vous passiez à côté. Après une année politique plutôt intense, vous pensiez enfin vous reposer sur le sable fin et oublier pour quelques temps la politique et les politiques. Hé ben c'est raté!
     
    En effet, la politique ne s'arrête jamais et pendant l'été, la bataille continue. La faute à qui me direz vous? Aux Jeunes Populaires, par exemple. Sous l'impulsion du président de l'UMP, Nicolas Sarkozy, ces jeunes militants du parti majoritaire vont sillonner les plages de notre chère pays pour évoquer "La France d'après" et - pourquoi pas à la même occasion - repérer l'adhérant potentiel. Pour aller à la rencontre du vacancier, petit jeu en forme de livret, tongs estampillées "UMP" [Je n'invente rien] et... préservatifs également estampillées "UMP" [véridique]. Tout est bon pour amener le débat et attirer le vacancier dans la discussion.
    Initiée par les Jeunes Populaires dès l'été 2005, l'UMP s'y remet donc. A une différence près : il est rejoint par le Mouvement des Jeunes Socialistes qui, à son tour, s'inspire de cette initiative. Dans la perspective de 2007, il s'agit pour son président Razzye Hammadi, ainsi que pour le premier secrétaire du PS, François Hollande, d'exporter le débat hors des lieux de discussions habituels, ceci dans l'optique et la perspective du projet pour 2007. A cette occasion, la "Caravane du Projet" sillonnera la France dès le 5 août, le PS entamant ainsi la dernière ligne droite avant cette fatidique année 2007.
     
    Caravane de l'UMP, caravane du PS, il y a pour tous les goûts - ou presque. La présence de plus en plus marquée et le succès de la campagne menée en 2005 par les Jeunes Populaires témoignent de fait, de l'importance du débat politique en période estivale. Dans la perspective de 2007, il est essentiel pour les deux principales formations politiques de maintenir le débat en particulier durant la période estivale, bien souvent oubliée - ce qui peut aisément se comprendre. Néanmoins, derrière le débat d'idées, se cache la bataille des chiffres. Fort du succès rencontré l'année dernière, le président de l'UMP espère bien renforcer ses troupes en 2006. En effet, la caravane 2005 avait attiré 20 000 nouveaux adhérants. De son côté, le PS, fort de ses 200 000 militants, n'a pas l'intention de s'arrêter en chemin et s'affiche clairement sur un terrain et une méthode différente, au bout du compte, de l'UMP.
     
    Dans un temps où la méfiance des citoyens envers la politique et les politiques est encore forte, l'intiative des deux formations - en particulier celle du PS - semble claire : se préparer, se mesurer et rassembler ses troupes avant la bataille de l'année prochaine. Le défilé des caravanes marque de fait, le début de la campagne politique ante-présidentielle et législative même si le véritable coup d'envoi aura lieu fin août au moment des universités d'été, synomyme de rentrée politique. Le PS et l'UMP sont déjà dans la course pour 2007 et pour ce faire, toutes les initiatives sont les bienvenues et tous les coups sont permis. Mais, il ne faudrait pas oublier un élément important : si les caravanes sillonent la France pour mobiliser, il serait fâcheux de tomber un peu plus dans un "marketing politique" où la communication remplace le débat poltique qui sert de couverture. A ce titre, on peut évoquer l'UMP et ses Jeunes Populaires. Si il s'agit d'attirer le vacancier - et donc le futur électeur - dans le débat politique, on peut, pour autant s'interroger sur l'utilité dans ce cas des tongs ou des préservatifs. En effet, après coup, la campagne des Jeunes Populaires ressemble davantage à la promotion d'un nouveau produit à consommer qu'à un véritable objectif de réflexion au débat politique.
     
    Aussi, si cet été, on vous inopportune pendant votre bain de soleil, ne vous fâchez pas ! Allez plutôt à la rencontre de ces caravanes - de préférence celle du PS (LOL) qui défilera jusqu'au 21 septembre - débattre et poser toutes vos questions. La politique ne s'arrête désormais plus durant l'été et - qui sait - certains d'entre vous seront transportés par une vague (rose de préférence) après celle de l'océan.
     
     
    May 16

    Esprit? Où est tu?

    Vous le savez, ce blog est entièrement consacré à l'actualité politique française et internationale. Néanmoins, je vais faire une exception de taille.
     
    Comme cela fut annoncé début mai, l'émission phare de Canal +, le Vrai Journal tirera sa révérence, fin juin.
    Présentée depuis près de dix ans par Karl Zéro, cette émission aura fait grincer des dents. Qu'on aime ou qu'on réprouve, peu importe, je ne suis pas là pour juger de toute façon. En revanche, l'arrêt programmé de l'émission m'inquiète. En effet, Karl Zéro est-t-il victime de son franc parler, des conséquences de l'affaire Alègre ou bien alors d'un changement d'esprit à Canal +?
     
    Lancée en novembre 1984, Canal + a atteint sa mue. Où est donc passé l'esprit Canal? Envolé sans doute. On en retrouve quelques soubresauts dans les Guignols, En aparté, dans 7 Jours au Groland ou bien encore Lundi Investigation.
    Avec le départ de Karl Zéro, Canal + perd sa singularité (on peut se demander si elle ne l'avait déjà pas perdu auparavant avec l'arrêt de Nulle Part Ailleurs en 2001). Si c'est le prix à payer pour le rapprochement Canal+/TPS (filliale de TF1), le côut parâît bien élevé.
     
    Mais bien au delà de la perte d'identité pour Canal, c'est bien un risque au niveau de la liberté de la presse qui prévaut. Je n'exagère pas en disant de tels propos. En effet, personne ne s'est ému - ni même le président du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel, Dominique Baudis - du rapprochement Canal+/TPS. Un tel rapprochement me laisse perplexe et on peut d'ores et déjà se poser la question de la marge de manoeuvre que bénéficieront les journalistes de Canal+ pour exercer correctement leur métier.
    Durant l'ère Berlusconi en Italie, nous avons souvent cité en exemple l'ancien Président du Conseil. Outre sa mégalomanie avérée, il a longtemps eu un contrôle accru sur les médias et on a profité au passage pour écarter quelques "électrons libres" du service public audiovisuel qui apportait une voix discordante.
     
    Mais regardons-nous! Ce que nous dénonçons chez nos voisins, ce déroule au même moment en France, d'une manière moins flagrante pour autant.
     
    Aussi, le remplacement de Karl Zéro par la journaliste de TF1, Laurence Ferrarri, est bien le signe d'un moment de ton, d'un changement d'époque. Manquerait plus que les Guignols et Lundi Investigation disparaissent - malheureusement, plus rien n'est à exclure - et là, on ne pourra que constater le fait accompli : l'esprit Canal se sera dissipé et Canal+ - pâle copie de TF1, le football et le cinéma en plus - avec
     
    NB : je vous invite dès à présent à vous rendre sur le blog de Karl Zéro - http://karlzero.podemus.com - pour lui apporter son soutien   
     
     

    François, la censure et l'affirmation

    Quel est le point commun entre Mr Hollande et Mr Bayrou?
    Ils portent le même prénom, tout le monde le sait.
    Mais ils ont un autre point commun et tout particulièrement aujourd'hui. Lequel?
    Bon, je vous donne la solution : le premier secrétaire du PS ainsi que le président de l'UDF ont appelé à voter la motion de censure déposé par l'opposition socialiste contre le gouvernement de Villpein qui doit être débattue aujourd'hui au Palais Bourbon.
     
    On connaît d'ores et déjà l'issue du débat puisque l'UMP détient une large majorité à l'Assemblée nationale - 363 sièges sur 577 - et rejetera donc la motion de censure déposée par le PS et soutenue par l'UDF. Mais les faits sont là: le parti centriste de François Bayrou, en se prononçant en faveur de la motion de censure, a bien quitté la majorité parlementaire.
     
    Décision courageuse pour certains, coup de poignard dans le dos pour exister diront d'autres, la décision de l'UDF marque un moment important. A un an de la présidentielle, l'UDF semble bien marquer sa différence face à un UMP qui n'a cesse tenté de la marginaliser depuis 2002. Il s'agit alors d'un coup d'éclat politique réalisé en pleine affaire Clearstream. Il faut être honnête, la vote de la motion de censure est un moyen pour le président de l'UDF d'enquiquiner la majorité. Mais on peut sincèrement penser que la motivation de François Bayrou s'explique par un contexte politique qu'il ne peut cautionner et face à nos valeurs républicaines, il convient de les réaffirmer.
     
    C'est dans le même état d'esprit que le PS va voter en faveur de la motion de censure. Les mauvaises langues de la majorité et de l'opinion diront que les socialistes font diversion afin de cacher leurs rivalités internes. On peut néanmoins considérer que l'attitude du groupe socialiste à l'Assemblée est la plus responsable possible. Face à une affaire qui touche au crédit de nos institutions, le PS ne peut se contenter de s'opposer verbalement. Agir ainsi aurait été une faute.
     
    Cette motion de censure va laisser des traces sur le plan politiques. Peut-on envisager à partir de là, un rapprochement approfondi entre les centristes et les socialistes, et pourquoi pas, une alliance? Ce n'est pas exclure mais cela reste peu probable. Il ne semble difficile dans l'état actuel des choses de réaliser une telle union. Néanmoins, cela marquerait une véritable révolution au sein de l'UDF qui, redistribuerait ainsi les cartes sur l'échiquier politique.

    Léon Blum: 70 ans et pas une ride

    Dimanche dernier, le Parti Socialiste organisait une journée portes ouvertes en son siège - rue de Solférino dans le VII° arrondissement de Paris - à l'occasion des 70 ans de la victoire du Front Populaire, le 6 mai 1936.
     
    Il y a tout juste 70 ans donc, le Front Populaire - nom de la coalition menée par Léon Blum regroupant les Socialistes, les Radicaux et les Communistes - arrivait aux responsabilités. Bien des décennies plus tard, cet évenement majeur pour l'histoire de la gauche française n'a pas pris une ride, bien au contraire!
    En effet, la victoire de la Gauche signifiait tant d'espérences dans un contexte dominé par la montée des périls et un clivage de plus en plus net sur le continent européen entre les démocraties et les régimes autoritaires. L'avènement du Front Populaire marque pour beaucoup l'espoir. Au printemps 1936, les ouvriers se permettaient, pour la première fois, de rêver et comme le dira François Mitterrand un peu plus tard, la SFIO (Section Française de l'Internationale Ouvrière, ancien nom du PS actuel) voulait changer la vie.
    Pour autant, plus dur fut la chute ou plutôt, la désillusion. Dès juillet 1936, les éclaircies ont fait place aux nuages puis à la tempête. La Guerre d'Espagne, la fuite des capitaux, la dévaluation du Franc, face à une droite - ainsi qu'à une partie des Radicaux - qui n'ont pas hésité à tirer à boulets rouges sur son action,... tous ces évènements auront eu raison de l'optimisme de Blum et de son gouvernement. Le 22 juin 1937, n'ayant pas obtenu l'appui du Sénat pour l'octroi des pleins pouvoirs financiers - pour faire face à la crise et redresser l'économie - il est renversé par le Parlement et contraint à la démission, le soir-même.
     
    Le Front Populaire et son esprit ont marqué la Gauche et toutes ses composantes revendiquent cette période. Concernant ma famille politique, il est clair que l'esprit de 1936 reste toujours présent. Pour autant, l'exercice du pouvoir a montré que ce dernier est d'une exigence impitoyable notamment en démocratie. Les années Mitterrand - du moins, les années 1981/1983 - ont été marqué par cet esprit : à cela, j'entends la 5ème semaine de congès payés, les 39 heures, l'augmentation sensible du SMIC. Comme en 1936, l'espérence était de mise. La rigueur, en 1983, en a décidé autrement.
     
    De fait, quels enseignements doit-on tirer de la formidable expérience du Front Populaire?
    Il est clair que Blum a été le précurseur de la société que nous connaissons aujourd'hui : une société de bien-être et de loisirs où l'homme n'est pas seulement une bête devant générer du profit jusqu'à l'épuisement, voire l'écoeurement. La quinzaine de congès payés votée en juin 1936 ainsi que les réductions accordées sur les billets de train à la même époque, sont d'autant de symboles qui avaient un but : construire une société mieux égalitaire. C'est dans cet esprit que le PS de 2006 doit et peut s'engager. Cela peut prêter à sourire mais je pense sincèrement que les socialistes recherchent toujours cet objectif.
    Dans un monde où la loi du plus fort refait surface, où les rapports humains et sociaux se dégradent à une vitesse inégalée, l'expérience du Front Populaire est essentielle. C'est une piqure de rappel à la Gauche, afin que cette dernière s'engage une fois pour toutes à apporter des réponses à nos concitoyens tout en se montrant responsables face aux défis actuels.
     
    April 01

    De retour

    A mes chers lecteurs,
     
    Après quelques semaines d'absence - le concours Sciences po, oblige - je reviens pour vous commenter l'information nationale et internationale.
     
    Et l'actu ne manque pas : le CPE, les élections en Isräel, les Etats généraux du PS... je suis toujours à l'affût de l'information.
     
    Comme toujours, n'hésitez pas à laisser vos commentaires et à faire tourner ce blog autour de vous.
     
    J'en profite également pour vous rappeler que l'Album photo n'est toujours pas disponible en raison d'un problème sur mon PC. Si, quelqu'un pourrait m'aider à trouver une solution, il sera le bienveni (LOL)
     
    Sur ces mots, je me remets au travail et vous promet d'être plus souvent sur mon blog
     
    Cordialement,
     
                                                                                    Gilles
     
    February 23

    Retour sur le CPE : Contrat Premier Echec

    Ce matin, en sortant de la Sorbonne, une étudiante me remet un tract sur le CPE, le voici en intégralité.
     
                                                          MARX ATTAQUE
    A défaut de pouvoir mobiliser contre le CPE, les syndicats gauchistes tentent de bloquer nos facs....
     
    Après Rennes et Toulouse, les opposants au CPE tentent de propager le mouvement de grève aux facultés parisiennes.
     
    Cette semaine, des assemblées générales ayant pour but de prononcer la grève se tiennent à Paris 1 et à Nanterre sous la conduite de l'UNEF et de groupuscules d'extreme gauche.
     
    Leur but est double : bloquer nos cours et nous faire croire que le CPE conduirait à une précarisation de la jeunesse.
     
    Les Syndicats entretiennent la peur par leurs mensonges, rétablissons la vérité :
     
    - Le CPE c'est un véritable contrat à durée indéterminée avec une période de consolidation de 24 mois
     
    - Un contrat qui donne droit à une rémunération identique à celle de n'importe quel salarié
     
    - Les stages, les contrats à durée déterminée et les périodes en alternance qui auraient été effectués dans l'entreprise seront décomptés de cette période
     
    - Après 4 mois de travail, les jeunes auront droit, en plus d'une indemnité de rupture de 8% des sommes perçues depuis le début du contrat de travail, à une somme de 920 euros
     
    - Le droit individuel à la formation s'ouvrira dès la fin du premier mois contre un an pour les autres contrats.
     
    - Les banques ont annoncé que le CPE ouvrirait pour le crédit autant de garanties qu'un CDI classique
     
    - Le LOCAPASS sera proposé systématiquement lors de la signature d'un CPE
     
                        Ne laissons pas la Gauche décider de notre avenir
     
    Autant vous le dire tout de suite, l'auteur de ce tract est le RED. Le RED signifie : Rassemblement des Etudiants de Droite. A première vue, il s'agit d'un syndicat étudiant, rien de bien méchant... enfin, faut-il préciser que leur flamme étudiante brûle avec une autre flamme : celle du Front national! Vous l'aurez compris, le RED est la branche syndicale étudiante du parti de Jean Marie Le Pen et leurs propos est sans ambiguité. A ce titre, je vous invite à visiter leur site internet : www.red-fac.com , ce n'est malhereusement, pas triste.
     
    Mais ce n'est pas le RED que je veux évoquer - j'en parlerai sans doute ultérieurement. Ce syndicat d'extrême-droite veut rétablir la vérité face aux "mensonges et aux peurs" entretenus par les autres centrales syndicales dont l'UNEF. A nous, de rétablir la vérité.
     
    Dans le cadre de sa bataille pour l'emploi, le Gouvernement de Villepin entend de faire de la lutte contre le chômage des jeunes une priorité nationale. On ne peut que s'en féliciter. Pour autant, la méthode utilisée est loin d'être satisfaisante, bien au contraire.
    En aôut 2005, le Premier ministre avait instauré le Contrat Nouvelle Embauche. Il s'agit d'un CDI avec une période d'essai de 2 ans (!), période durant laquelle un employeur pourra licencier... sans préavis et sans justifications !!!! On a ici, une belle avancée au sein du monde du travail. Durant le mois de février de cette année, le gouvernement remet cela en déclinant le CNE. Il devient CPE - Contrat Première Embauche - pour les moins de 26 ans. Le contrat contient alors les mêmes garanties pour les mêmes effets : la précarisation du travail.
     
    Ce que dénonçait la CGT, il y a bientôt dix ans, devient réalité aujourd'hui. Le travail - contrairement à ce qu'on veut nous faire croire - n'est plus une valeur dont on peut être fier. Il devient une marchandise où l'employé devient le fusible. L'instauration du CNE, suivi du CPE démontre bien que le pouvoir en place n'a aucune ambition pour la jeunesse. Tout devient flexible et le droit du travail s'en retrouve menacé. En effet, lorsqu'il est stipulé que l'employeur peut se séparer d'un employé SANS AUCUNE justification, les choses sont claires : au moindre faux pas, à la moindre prostestation d'un employé, l'employeur sait ce qu'il lui reste à faire!
     
    Le CPE consacre la domination de l'employeur dans le marché du travail. Vous me direz que j'exagère. Mais réfléchississez un peu. Un employeur, qui plus est expérimenté, a-t-il vraiment besoin de deux ans pour savoir si son employé fait l'affaire ou pas ? Il n'a aucune ambiguité avec le CPE. Ce contrat permet une flexibilité de l'employé qui en fonction de la conjoncture ou de l'environnement de son entreprise, pourra se séparer d'élements qui jugent indésirables.
     
    Ces deux nouveaux types de contrats - CNE et CPE - représentent une certaine mesquinerie et fait engager les jeunes dans un cercle vicieux. En effet, le gouvernement De Villepin a voulu rassurer : les banques n'auront aucun mal à prêter de l'argent à un jeune qui a un CPE. Toutefois, j'ai bien l'impression que Matignon manque de clairvoyance : il ne suffit pas d'être diplômé pour comprendre qu'un banquier sera beaucoup moins enclin à prêter des fonds à un jeune qui n'a que pour contrat un CPE pour la simple et bonne raison que le risque reste quand même élevé.
     
    On aurait beaucoup à dire sur le CPE et la mobilisation doit se poursuivre. Pour autant, je suis de ceux qui pensent qu'il faut laisser le CPE s'appliquer en son état pour montrer à ceux qui le défendent combien il est néfaste pour notre avenir. Si les jeunes extremistes - et je mâche pas mes mots - du RED veulent décider de leur avenir en vivant dans la précarité, soit. Mais étant jeune, je désire avant tout être considéré, respecté et - sans doute le plus important - qu'on croit réellement en moi. C'est le message que nous devons faire passer à nos élus et à la droite afin que celle-ci cesse de démanteler en catimini le droit du travail, comme le fait actuellement. En effet, je ne serais pas étonné qu'on entende parler un peu plus tard, d'un CSE - Contrat Senior Embauche - d'un CFE - Contrat Femme Embauche - d'un CIE - Contrat Immigré Embauche - et autres déclinaisons stupides de ce genre...
     
     
     
     
     
     
    February 08

    Commission d'Outreau : audition ou procès public d'un juge?

    La commission d'Outreau, réunie à l'Assemblée nationale, entend aujourd'hui à compter de 16h, le juge d'instruction en charge de l'affaire de pédophélie - affaire dite d'Outreau - Fabrice Burgaud.
     
    C'est une audition à haut risque et malsaine à mon goût. Malsaine, non pas en raison de l'audition en elle-même. Celle-ci est bien évidemment nécessaire tant que le juge d'instruction doit répondre de ses actes et s'expliquer sur un fiasco dont il a sa part de responsabilité. Ce qui est malsain, c'est l'atmosphère qui se crée autour de cette audition. En effet, les grandes chaînes nationales (TF1, France 2...) diffusent dès 15h45, l'audition en direct... pour quelle valeur pédagogique?
     
    La commission s'est déjà réunie depuis plusieurs semaines, et il me semble que ni TF1, ni France 2 n'ont retransmis en direct l'audition des treize acquités du procès d'Outreau. Ce qui se passe aujourd'hui est l'ordre de l'abjecte médiatique. Vous me direz que j'exagère pas mal, ce qui est en partie vrai. Mais alors, comment expliquer l'excitation médiatique qu'il y a, depuis plusieurs semaines, sur l'audition du juge Burgaud?
     
    Fabrice Burgaud doit répondre de ses actes et sanctionné par sa hiérarchie, si nécessaire! Pour autant, je regrette que son audition se fasse sur fond de revanche et d'hostilité, ce qui est compréhensible. Tout me semble réuni pour qu'on assiste en direct à un lynchage médiatique du juge, ce qui ne plaide pas pour la sérennité qui doit prévaloir pour l'analyse d'un fiasco.
     
    La "télé-justice" - comme l'a ainsi titré Le Parisien en première page, ce matin - ne rend service à personne, surtout pas en ce moment. Elle contribue à canaliser les rancoeurs, voires les haines, sur un juge vicitime au bout du compte de son inéxperience.
     
    La première question qu'on aurait dû se poser c'est pourquoi sa hiérarchie lui a confié une telle affaire? Avec du recul, je pense que ce fut une erreur grossière. Dans un pays où l'opinion se montre de plus en plus choquée et sévère face aux cas de pédophilie, la tentation du juge Burgaud a été sans doute de frapper un grand coup par rapport à ce qu'il considérait comme le "casse judiciaire du siècle". Au bout du compte, il a été aveuglé par ses ambitions.
     
    Le juge Burgaud est responsable, ce qui est évident. Mais il n'est pas le seul. Il faut rappeler le rôle de certains médias avant le premier procès d'Outreau qui ont manqué d'esprit critique vis-à-vis de l'instruction. Le côté évenementiel de l'affaire a longtemps dominé lors de l'instruction, ce qui a contribué au fiasco d'Outreau. Aussi, il faut se demander sur les dérives et excès qui ont au lieu lors de la médiatisation de cette affaire.
     
    Aussi, je ne crois pas que l'audition-spectacle qui se déroule au moment au moment où j'écris ces lignes soit bénéfique pour la justice. Le procès d'Outreau aura, cependant une vertu : celle de montrer que notre justice doit être réformée en profondeur et avec davantage d'esprit critique . Le juge Burgaud mérite sa place sur le banc des accusés. Pour autant, il ne doit pas être le symbole d'une justice qui dysfonctionne, il en est la conséquence. 
    February 07

    A-t-on le droit de se moquer de Dieu?

    A-t-on le droit de caricaturer Dieu?
    Drôle de question pour réponse sérieuse. Le 2 février dernier, le monde musulman s'est insurgé à la vue des dessins caricaturant le prophète Mahomet de façon explicite. Les dessins, publiés au Danemark, Norvège mais aussi en France, dans le quotidien "France-Soir", ont fait grand bruit et la polémique n'est pas prête de s'arrêter.
    C'est l'occasion justement de se poser une autre question : a-t-on le droit, sous couvert de la liberté d'expression, dans une démocratie, de tout dire, de tout montrer, de tout dénoncer - notamment la religion?
     
    Question délicate pour réponse difficile à trouver. En effet, cela suppose un dilemme : la liberté a pour corollaire la démocratie et vice-versa. La liberté d'expression, c'est quoi? C'est pouvoir exprimer ce que je pense de manière argumentée et réfléchie. Celui qui n'est pas d'accord avec mes propos doit démontrer que j'ai tort et réfuter mes dires. De fait, la liberté d'expression donne naissance au débat.
     
    Les religions - telles qu'elles soient - n'apprécient pas vraiment la contradiction car celle-ci amène immanquablement à la remise en question et au doute. Quand on croit dur comme fer à une idée qui fait autorité au sein de la communauté, il nous est difficile de voir autrement celui qui a une voix discordante et qui pense différement. Dans le cas des croyances, on pense détenir la vérité et celle-ci ne saurait être remise en question. De fait, cette vérité est sacralisée et quiconque ose faire des critiques est considéré comme un provocateur, un irrespectueux.
     
    De fait, l'attitude des autorités religieuses, aussi bien musulmanes, chrétiennes ou juives, n'est pas surprenante! On ne touche pas au sacré! Soit! Pour autant, les fidèles doivent-ils répondre par l'intimidation et la violence en prenant aux ressortissants danois, norvégiens voire français?
    La défense des principes religieux passe par le dialogue et la promotion de sa foi. La crise des caricatures donne justement une opportunité - à mon sens - pour l'Islam en Europe. Se présenter davantage, montrer ses valeurs de tolérance et de respect afin qu'elle soit davantage respectée et surtout connue!
    Car la crise qui couve depuis bientôt une semaine, montre le déficit que nous avons à propos des religions. Je suis un partisan acharné de la Séparation de l'Eglise et de l'Etat. Pour autant, la laïcité ne signifie pas ignorance de la question religieuse. C'est pourquoi, il me semble important que l'on enseigne l'histoire des religions celle-ci devant être une matière à part entière. Il ne s'agit de faire du prosélytisme mais d'apporter un savoir supplémentaire au citoyen afin qu'il puisse avoir la liberté de croire, comme de ne pas croire, le tout avec un large esprit critique.
     
    La crise des caricatures donne une opportunité à ceux qui défendent la religion comme à ceux qui la critiquent : c'est le dialogue. Vous me direz : "Quel idéaliste!" C'est en partie vrai et je ne vous en voudrai pas ! Mais soyons honnête ! Les mouvements de colère et d'intimidation au Proche-Orient plaident-ils pour une meilleure connaissance de l'Islam ? 
     
    Aussi, j'espère bien que vous donnerez votre avis que vous soyez croyants ou pas !! En attendant, André Malraux disait dans les années 1960 - 1970 : Le XXI° siècle sera religieux ou ne sera pas!!!! Sur ce, je vous laisse méditer sur cette citation prophétique!
     
     
    February 02

    Petit souci technique

    Pour ceux qui viennent régulièrement sur mon blog, vous avez dû remarquer que l'album photo consacré à l'actualité en images, n'est plus à jour!
     
    J'ai en fait un problème technique sur mon ordinateur - qui ne peut plus sélectionner les photos et images pour l'album.
     
    J'en suis sincèrement navré et si quelqu'un avait une idée ou une suggestion pour trouver une solution à ce problème il est le bienvenu!
     
    Sur ce, je reviens très vite - à partir du 7 février - après avoir passsé le concours de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris (Sciences Po), pour vous faire le point sur l'actu politique française et internationale
     
    Amicalement,
     
                                                                                   Gilles
     
     
    January 29

    L'indépendance : pour quel but ?

    Le congrès extraordinaire de l'Union pour la Démocratie Française (UDF) s'est tenu à Lyon le 28 et 29 janvier dans laquelle la motion présentée par son leader, Français Bayrou, a été largement plébiscitée, celle-ci recueillant 90,9% des suffrages des adhérants.
    La motion Bayrou - la seule en lice - prônait l"indépendance" du mouvement face aux "dérives" de l'UMP et du PS. C'est une "révolution" qui a donc eu lieu dans la capitale rhodanienne : l'UDF a officiellement quitté la majorité.  
     
    Mais a-t-elle rejoint l'opposition pour autant ? A cette question, je vous réponds franchement : je n'en sais rien tant que la position de l'UDF paraît encore brouillon. En effet, il faut rappeller qu'il y avait un grand absent au congrès de Lyon qui n'est autre que Gilles de Robien, actuel ministre de l'Education nationale - et seul ministre centriste - du gouvernement De Villepin. La stratégie du locataire du Quai de Grenelle - le siège de l'Education nationale à Paris - est bien différente de celle de l'actuelle direction : A la question, Faut-il s'allier avec l'UMP ou avec le PS et le PCF?, sa réponse est toute trouvée. Le maintien dans la majorité est indispensable si l'UDF ne veut pas subir à la voie de la marginalisation. Peine perdue! Dans cette lutte de stratégie - qui cache mal une lutte de pouvoir entre le Béarnais et le Piccard - les militants ont tranché : c'est l'indépendance et donc la rupture avec l'UMP!
     
    L'indépendance, ok. Mais pourquoi faire après? Le président de l'UDF est persuadé qu'il peut faire la différence face à une UMP qui se droitise et se radicalise comme jamais et un PS qui peine à rassembler autour de lui ses partenaires à gauche. Cette stratégie peut se réveler payante comme elle peut se révéler désastreuse pour le parti centriste tant que celle-ci reste bien hasardeuse.
     
    De fait, l'UDF joue son avenir politique. Pas depuis quelques semaines mais depuis juin 2002. A cette date, les gaullistes - du moins ce qui en reste - disaient adieu au RPR pour fromer l'UMP, conçu à l'origine pour rassembler autour du défunt parti gaulliste les autres formations de la droite républicaine afin de former une véritable machine à gagner les élections. François Bayrou, craignant sa propre marginalisation au sein de la formation naissante a refusé tout net d'y adhérer et a tenu bon malgré le départ de certains renégats comme Philippe Douste-Blazy - qui entre nous, n'est pas une perte pour l'UDF et surtout pas un gain pour l'UMP!! Dès lors, l'UDF a voulu marquer sa différence au sein de la majorité et n'a pas hésité à se faire entendre. Pour l'actuel leader du mouvement, cette stratégie de soutien avec réserve à l'action gouvernementale semblait payante puisqu'aux différentes consulations électorales, l'UDF réalisait d'assez bons scores et notamment lors des européennes de 2004 où elle faisait jeu égal avec l'UMP (autour de 15%).
     
    Aussi, Bayrou fait un pari risqué et plutôt osé en engageant son mouvement dans une stratégie d'indépendance et en proposant aux Français, une sorte d'alternative, de troisième voie par rapport à l'UMP et au PS. Pour autant, le député de Pyrénées Atlantiques saura-t-il faire la différence face aux deux mastadones politiques et à un peu plus d'un an des élections de 2007. Cela n'est pas exclu mais je doute fort qu'il parvienne à cet objectif. L'UDF est quand même un parti de gouvernement qui a souvent exercé les responsabilités avec l'ex-RPR, actuelle UMP et tant que sa stratégie restera brouillon, sans compter que notre vie politique est assez bien bipolarisée, le parti centriste fondé par Giscard d'Estaing en 1978, aura bien du mal à se faire une place au soleil sur la scène politique française.

    Une nouvelle donne

    Les élections palestiniennes de mercredi dernier ont porté le parti islamiste Hamas à la tête de l'Autorité Palestinienne.
    C'est une nouvelle donne au Proche-Orient. Est-ce pour autant une bonne nouvelle pour la paix?
     
    C'est en tout cas la question que l'on doit se poser au lendemain de ses législatives. Le Hamas est connu pour ses activités terroristes et sa farouche hostilité à Israël. Mais son arrivée à la tête de la Palestine marque un tournant.
    Les Etats-Unis et Israël ont prévenu : ils ne négocieront en aucun cas avec une organisation terroriste. Pour autant, on voit mal comment Washington et Tel-Aviv se passeront du Hamas. En effet, l'élection du Hamas mettent les gouvernements américains et israéliens devant le fait accompli. Tout d'abord, il faut rappeller que l'élection du Hamas s'est faite sans irrégularité et sans fraude, comme l'a souligné l'observateur et ancien président des Etats-Unis, Jimmy Carter. La victoire de ce mouvement est donc nette et sans bavure, résultat de l'expression démocratique des Palestiniens.
     
    Cette victoire, si elle est surprenante, est avant tout logique. Le Hamas n'a jamais caché sa volonté de mettre à bas l'Etat d'Irsaël et a toujours revendiqué la lutte armée et terroriste pour y parvenir. La communauté internationale ne se fait aucun doute sur les volontés de l'organisation fondée en 1987 par le cheick Yassine. Néanmoins, l'image du Hamas est radicalement différente du côté des Palestiniens. De fait, cette organisation a mené une large politique sociale et de charité envers les Palestiniens les plus modestes notamment à Gaza et en Cisjordanie. Cette politique est réelle et a beaucoup bénéficié à une partie des Palestiniens qui vivent dans des situations diffciles. Aussi, la victoire du Hamas est le fruit de cette largesse envers les plus défavorisés face à une Autorité jugée - selon l'organisation - comme corrompue et bien trop consensuelle face à Israël.
     
    Aussi, on mise sur la réalité et l'exercice du pouvoir pour faire fléchir le Hamas. Ehud Olmert - le premier ministre israélien par interim - ne veut pas entendre parler du Hamas tant que celui-ci n'aura pas désarmé et accepté le jeu politique. La déclaration du gouvernment isralién marque surtout le malaise qui s'est emparé d'Irsaël depuis mercredi. Souvent mis à l'écart, le Hamas revient, plus légitimé que jamais, au centre de la vie politique en Palestine et du processus de paix au Proche-Orient. Son succès de mercredi montre qu'il devient désormais un membre avec qui il faut compter si on veut mener à bien le processus de paix. A mon sens, seul le dialogue est nécessaire à l'égard du Hamas pour la simple raison qu'ils représentent depuis les élections, l'interlocuteur légitime du peuple palestinien.
     
    L'attitude du Hamas sera aussi à observer durant ces prochains mois. En effet, cette organisation fait une analyse militaire et non politique de la situation au Proche-Orient. A ce titre, elle n'a jamais exercé le pouvoir - seulement depuis 5 ans au niveau local - et l'élection de mercredi marque un tournant pour celle-ci. Fort de ses 76 députés (sur les 132 sièges à pourvoir), le Hamas paraît, de fait, déboussolé. Que va-t-il faire désormais ? Le Hamas a une logique militaire de la situation au Proche-Orient et c'est toute une idéologie qui devra être modifiée au sein même de l'organisation. Aussi, l'élection palestinienne de mercredi dernier marque une nouvelle donne pour le Hamas qui devra mesurer le champ des possibles face aux réelles volontés des Palestiniens qui aspirent avant tout à la paix et à un Etat.
     
    Aussi, la victoire du Hamas pose de nouvelles interrogations, donc de nouvelles inquiétudes, ce qui est légitime tant que le processus de paix est potentiellement en cause. Devant le fait accompli, la communauté internationale - en particulier les Etats-Unis et Israël - doit faire preuve de prudence, de méfiance mais aussi d'esprit d'ouverture et de dialogue envers le Hamas car quels qu'en soient les qualificatifs que l'on peut apporter au Hamas, il n'en demeure pas moins qu'elle détient désormais les clés de la poursuite du processus de paix et que son attitude - forte d'un esprit de revanche en raison de l'assassinat, par Israël, du cheick Yassine en hiver 2004 - pesera lourd pour l'avenir du Proche-Orient